Orgue Joseph Brodeur

Le Couvent
Louise-Amelie

En 1920, monsieur le curé Clément Piette, de concert avec les commissaires, tente de confier l'instruction et l'éducation des enfants de la paroisse à des religieuses. Par l'intermédiaire de l'inspecteur J.-Arsène Paquin, en visite à l'école de Sainte-Béatrix, les autorités scolaires font alors la connaissance des sœurs des Saints Cœurs, déjà à l'œuvre dans de nombreuses écoles rurales de ce district scolaire. Contents des bonnes références obtenues, les commissaires s'adressent donc au Conseil provincial des sœurs pour obtenir des institutrices à l'école du village.

Ainsi, les Sœurs des Saints-Cœurs-de-Jésus-et-de-Marie rendaient service à la paroisse, depuis août 1920. Les fondatrices furent Sœur Marie-du-Rosaire (Anne-Marie Bagot), supérieur, Sœur Marie Albertine (Fortunate Landry), Sœur Bernadette de Lourdes (Marie-Olympe Doucet) et Sœur Jean de Jésus (Léonie Forest). Ces noms, auxquels il faudrait en ajouter beaucoup d'autres. Il serait long d'énumérer toutes les œuvres qu'elles ont accomplies à Sainte-Béatrix: éducation des enfants, visite des malades, animation liturgique, croisade eucharistique, action catholique, enseignement de la musique, etc... .

Provisoirement, les sœurs s'installent dans l'ancienne école, pendant que monsieur le curé fait bâtir un couvent au prix de bien des peines et de grandes fatigues, y consacrant son temps, sa santé et son argent. Une situation provisoire qui, finalement, durera toute une année. À la fin de cette année inconfortable, trois élèves subissent avec succès les examens du diplôme élémentaire.
Enfin, la rentrée scolaire de 1921 se fera dans la nouvelle construction bénite par monseigneur Guillaume Forbes le dimanche 4 septembre 1921, en présence de personnalités de marque. Le nouvel édifice scolaire à Sainte-Béatrix permit de subvenir à plus d'élèves. Le permis de construction fut accordé par le député provincial de Joliette Pierre-Joseph Dufresne. Ce couvent, occupé par les Sœurs du Saint-Cœur-de-Jésus-et-de-Marie, servait, à son ouverture à l'enseignement des garçons et des filles. Même le dimanche, les sœurs s'occupent des élèves pour les offices religieux.

Une ancienne élève est adjointe à la classe des petits en 1924; en 1927, mademoiselle Gertrude Beaudry complète le personnel enseignant jusqu'à la fin de décembre. En 1932, les chroniques signalent que la petite classe est moins nombreuse parce que plusieurs familles sont déménagées.

Après un séjour de deux ans à Paramé (une ancienne commune d'Ille-et-Vilaine, en France, qui a fusionné avec Saint-Servan et Saint-Malo en 1967) pour y faire son noviciat, Sœur Marie-Hermine, née Clémentine Charland, de la paroisse Saint-Ignace-du-Lac, revient au pays d'origine en 1934. Elle enseigne d'abord à l'école Sainte-Anne à Joliette, puis à l'école paroissiale de Sainte-Béatrix. En 1949, elle reçoit son obédience pour Guernesey dans les iles britanniques.

Prêtre zélé, l'abbé Dominique Laporte, de Sainte-Marceline, met sur pied la commission scolaire dans sa paroisse, et sollicite les sœurs des Saints Cœurs pour l'école du village. Après une visite aux responsables de Joliette, il repart confiant sans avoir de réponse assurée. Persévérant dans ses démarches, il fait prier les enfants de Sainte-Marceline et de Sainte-Béatrix, une croisade qui aura du succès. Le 25 septembre 1955, vers 16 heures, trois religieuses arrivent pour prendre en charge l'école paroissiale de Sainte-Marceline.

Les sœurs, à Saint-Béatrix, habitaient, au couvent, au deuxième étage et leur cuisine se trouvait au premier plancher, à droite de l'entrée principale et de l'autre côté se trouvait le parloir et la chapelle. Les classes étaient de la première à la neuvième année. Le 7 juillet 1957, la Fabrique de Sainte-Béatrix vendait à la Commission scolaire locale, un terrain de 183 pieds (56 mètres) de largeur par 265 pieds (81 mètres) de profondeur, pour y construire une école catholique pour les garçons.

En 1958 s'ajoutera l'école Panet qui prendra progressivement la place de la première construction, devenue trop exiguë pour assumer la centralisation, la paroisse décentralisait ses écoles et baptisait, par la même occasion, l'école des filles (couvent) du nom de «Louise-Amélie»; celle des garçons (collège) du nom de «Panet» en mémoire de Louise-Amélie Panet, femme du seigneur d'Ailleboust William Berczy. À la fin des années cinquante il y avait quatre sœurs au Collège, dont les Sœur Lucie-de-l'immaculée (Marthe Dupuis) et Sœur Hélène-des-Anges (Albertine Laporte), pour la première et deuxième année.

Les jeunes aiment aussi exprimer leur esprit d'initiative. Vers 1970, afin de terminer l'année sur une note agréable, les jeunes de 7e année, de connivence avec monsieur le curé Albéric Lalande (1970-1976), organisent dans la sacristie une fête de clôture.

En 1972, toutes les salles de classe sont transférées et la commission scolaire songe à vendre le vieux convent. C'est alors que les sœurs prennent un logement dans le village chez mademoiselle Gertrude Mireault; elles poursuivent leur mission sur place et dans les localités environnantes: Saint-Alphonse, Sainte-Marceline, Sainte-Mélanie, Saint-Côme.

Aussi en 1972, la résidence des religieuses, de Saint-Alphonse, est fermée. Monique Lafond (nom religieux: sœur Danielle Thérèse) se joint alors à la communauté de Sainte-Béatrix et poursuit son travail professionnel. Dans les années 80, elle reviendra vivre à Saint-Alphonse et y enseignera durant plus de 20 ans, jusqu'en juin 2001.

En 1977 le couvent changea de vocation, ainsi le dimanche 18 septembre 1977 le maire René Latendresse dévoilait une plaque commémorative à l'occasion de l'inauguration du nouvel hôtel de ville dans l'ancien couvent. L'école Panet est, maintenant, la seule institution scolaire à desservir la population scolaire. Les dernières religieuses, Sœur Danielle Thérèse (Monique Lafond), la responsable et sa compagne, sœur Reine Magnan (idem), quittent la paroisse de Sainte-Béatrix en 1982.

En 1983, le travail s'élargit à la pastorale scolaire et paroissiale pour un service qui s'étend aux différentes paroisses. Le moment est venu de renforcer les équipes communautaires environnantes. Les sœurs quittent définitivement les paroisses après plus de soixante années de présence dans cette terre de foi auprès des familles chrétiennes de chez nous. Le couvent servit comme hôtel de ville jusqu'à sa démolition le 26 mai 1987.
Depuis l'automne 1998, seule Marthe Dupuis (nom religieux: sœur Lucie-de-l'immaculée), à Saint-Côme, poursuit à titre d'agente de pastorale. Ce service pastorale s'étend à l'Unité Belles Montagnes qui comprend les paroisses Saint-Côme, Saint-Alphonse et Sainte-Béatrix.

La pastorale sociale rejoint divers regroupements d'associations spécialisées pour adolescents et adultes où les thérapies viennent contrer la toxicomanie et divers problèmes actuels tels le Trait d'union à Saint-Alphonse-Rodriguez et l'Entre-temps à Sainte-Béatrix.

Texte: André Boyer

Démolition du couvent

Le couvent Louise-Amelie de Sainte-Béatrix, QC lors de sa démolition le 26 mai 1987.

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